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Recommandations de base: Résumé des soins d’urgence pédiatrique pour professionnels de la santé

Migraine

Developed by:Dr. Sarah Rogers (CHEO) & Dr. Garth Meckler (BC Children's)

Sommaire

La migraine représente jusqu’à 30 % des visites pour céphalées pédiatriques à l’urgence et occasionne de fréquentes reconsultations. La migraine débute vers l’âge de 7 ans chez les garçons et de 9 ans chez les filles. À l’adolescence, la migraine est plus fréquente chez les filles. Les évidences sur la prise en charge de la migraine aigüe à l’urgence sont limitées, ce qui engendre d’importantes variations en pratique.

Ce document aborde la prise en charge de la migraine chez l’enfant et l’adolescent à l’urgence.

Diagnostic

Critères de la Société internationale des céphalées (International Headache Society) pour la migraine sans aura chez l’enfant et l’adolescent1

A. Au moins 5 crises répondant aux critères B à D ci-dessous (si <5 crises, « migraine probable »)

B. Durée de 2-72 heures (sans traitement ou avec traitement inefficace)

C. Au moins 2 des 4 caractéristiques suivantes :

    • Localisation unilatérale ou fronto-temporale bilatérale*
    • Caractère pulsatile
    • Douleur modérée à sévère
    • Aggravée par ou entraînant l’évitement de l’activité physique de routine (ex. marche ou montée des escaliers)

D. Au moins l’un des symptômes suivants durant la céphalée :

    • Nausées et/ou vomissements
    • Photophobie et phonophobie

E. Qui n’est pas mieux expliquée par un autre diagnostic de la Classification Internationale des Céphalées (ICHD-3)

*La migraine bilatérale se présente plus souvent chez l’enfant que chez l’adulte. La douleur unilatérale débute généralement en fin d’adolescence ou au début de l’âge adulte.

  • La prise en charge de la migraine avec/sans aura est la même.

Prise en charge

  • Allonger le patient dans une chambre sombre et calme, avec des lunettes de soleil, si possible. Adresser les mesures de confort ainsi que les besoins particuliers du patient.
  • Considérer débuter par une thérapie sans injection, malgré les preuves limitées, avant de procéder aux thérapies parentérales.
  • Discuter les cibles du traitement avec le patient/personne responsable de l’enfant. Le but n’est pas d’éliminer la douleur, mais d’améliorer le score de la douleur pour qu’elle soit tolérable une fois le patient rentré à la maison et au repos.
  • Seuls 6 essais contrôlés randomisés (ECR) étudient la prise en charge de la migraine à l’urgence pédiatrique.2,7 La plupart des autres évidences de traitement proviennent de données chez l’adulte, de séries de cas, ou d’études observationnelles ailleurs qu’à l’urgence. Voir le résumé des ECR pertinents (Page 3).
  • Les opioïdes ne sont PAS recommandés pour le traitement de la céphalée aigüe en pédiatrie.
  • Il n’y a aucune évidence pour l’utilisation de :
    • Diphénhydramine (Benadryl™) pour prévenir les réactions dystoniques aigües liées à la métoclopramide (Maxeran™). Ces réactions sont rares et doivent être traitées à la diphénhydramine si elles surviennent.8
    • Sulfate de magnésium pour le traitement de la migraine chez l’enfant et l’adolescent.
  • Il n’y a pas de données chez la population pédiatrique qui appuient l’utilisation routinière des stéroïdes pour prévenir la céphalée de rebond (céphalée médicamenteuse) lors de la migraine. Il y a une revue systématique importante chez l’adulte à cet effet,9 mais pas d’essais pédiatriques.
  • L’algorithme de traitement ci-dessous est recommandé, selon les évidences actuelles. Il reflète l’approche la plus fréquente aux Centres de référence pédiatriques à travers le Canada.

Algorithme du traitement de la migraine à l’urgence

Congé ou hospitalisation

  • Le patient peut retourner à domicile si le traitement a amélioré la douleur et si le patient/responsable de l’enfant se sent capable de gérer les symptômes. Indiquer le traitement à suivre et les conseils de retour à l’urgence. Si cela s’applique, le patient doit éviter de conduire pendant la migraine.
  • Considérer l’hospitalisation et discuter avec le Service de pédiatrie/Centre de référence pédiatrique si la céphalée sévère persiste ou en cas de limites fonctionnelles importantes empêchant le congé.
  • Conseiller les saines habitudes de vie; ex. suggérer le mnémonique SMART :
    • SMART = sommeil, manger, activité, relaxation (+/- thérapie cognitivo-comportementale), troubles déclencheurs à éviter.
  • Utiliser la décision partagée avec le patient/responsable de l’enfant concernant la prise de suppléments à titre préventif, selon la fréquence et l’impact des céphalées.
  • Recommander l’utilisation d’un journal de symptômes (ex. applis Migraine Buddy, Migraine Tracker, Calendrier canadien des migraines).
  • Proposer un Plan d’action contre la migraine; ex. Children’s Colorado (en anglais seulement).

Résumé des données probantes

Essais contrôlés randomisés (ECR)

Résumé

Brousseau et al. (2004)2
NB : La prochlorpérazine n’est pas disponible au Canada

  • ECR croisé à double insu réalisé dans 2 urgences pédiatriques, âges 5-18 ans (n=62), comparant le kétorolac IV et la prochlorpérazine IV.
  • Conclusion : Les critères de réussite du traitement étaient satisfaits chez 84,4 % des patients traités à la prochlorpérazine IV vs. 55,2 % au kétorolac IV (différence 30 %; intervalle de confiance 95 % : 8-52 %).

Richer et al. (2014)3

  • ECR à simple insu réalisé dans une urgence pédiatrique, âges 5-17 ans (n=47), comparant l'effet d'un bolus de 10 mL/kg 0,9 % NaCl par IV avec/sans attentes d’un médicament connexe.
  • Conclusion : Pas d’amélioration significative des scores de douleur avec le soluté IV.

Sheridan et al. (2018)4

  • ECR pragmatique réalisé dans 2 urgences pédiatriques (n=66), comparant l’efficacité du propofol à faible dose au traitement standard (kétorolac, métoclopramide, soluté IV).
  • Conclusion : Le propofol à faible dose n'a pas davantage réduit la douleur par rapport au traitement standard, mais était associé à une diminution significative des céphalées médicamenteuses.

Richer et al. (2022)5

  • ECR à double insu, âges 5-17 ans (n=53), comparant l’efficacité et l’innocuité de la métoclopramide IV avec/sans kétorolac IV.
  • Conclusion : Le traitement combinant la métoclopramide IV et le kétorolac n'a pas amélioré les scores de douleur chez les enfants qui se présentaient pour le traitement aigu de la migraine.

Tsze et al. (2022)6

  • ECR de non-infériorité à double insu, âges 8-17 ans (n=59), comparant le kétorolac IV et intranasal.
  • Conclusion : Le kétorolac intranasal n’était pas inférieur au kétorolac IV pour réduire la douleur de la migraine à l’urgence.

Szperka et al. (2024)7

  • ECR à double insu, âges 10-21 ans (n=58), évaluant l’efficacité de la lidocaïne pour bloquer le grand nerf occipital, pour la migraine aigüe réfractaire aux thérapies standards.
  • Conclusion : Les injections de lidocaïne dans le nerf occipital ont permis une amélioration significative des scores de douleur par rapport au placébo.

Équipe de développement

Un grand merci aux spécialistes qui ont contribué au contenu et à l’élaboration des Recommandations de
base sur Risque suicidaire : Dépistage & évaluation Invagination:

Sarah Rogers, MD, FRCPC; Pediatric Emergency Medicine Fellow, Children’s Hospital of Eastern Ontario, University of  Ottawa

Garth Meckler, MD, MSHS; Associate Professor, Department of Pediatrics, University of British Columbia; BC Children’s  Hospital, Division Head, Division of Pediatric Emergency Medicine, BC Children’s Hospital

Merci au Comité éditorial TREKK, au Comité consultatif de parents et de jeunes, et à l’éditrice Dre Sarah Reid (CHEO), pour leur  support éditorial et leur expertise au développement de cette ressource. Merci aussi à Megan Bale-Nick, Courtier de  connaissances, TREKK (Université du Manitoba) qui a encadré ce projet et à Dr. Laurence Baril, (Centre Hospitalier de  l’Universitie Laval in Québec) pour avoir revu la traduction.

Références clé

(citée dans les Recommandations de base sur Migraine) :

  1. Headache Classification Committee of the International Headache Society (IHS) The International Classification of  Headache Disorders, 3rd edition. Cephalalgia. 2018 Jan;38(1):1-211.
  2. Brousseau DC, Duffy SJ, Anderson AC, Linakis JG. Treatment of pediatric migraine headaches: a randomized, double-blind trial of prochlorperazine versus ketorolac. Ann Emerg Med. 2004 Feb;43(2):256–62.
  3. Richer L, Craig W, Rowe B. Randomized controlled trial of treatment expectation and intravenous fluid in pediatric  migraine. Headache. 2014 Oct;54(9):1496–505.
  4. Sheridan DC, Hansen ML, Lin AL, Fu R, Meckler GD. Low-Dose Propofol for Pediatric Migraine: A Prospective,  Randomized Controlled Trial. J Emerg Med. 2018 May;54(5):600–6.
  5. Richer LP, Ali S, Johnson DW, Rosychuk RJ, Newton AS, Rowe BH. A randomized trial of ketorolac and metoclopramide  for migraine in the emergency department. Headache. 2022 Jun;62(6):681–9.
  6. Tsze DS, Lubell TR, Carter RC, Chernick LS, DePeter KC, McLaren SH, et al. Intranasal ketorolac versus intravenous  ketorolac for treatment of migraine headaches in children: A randomized clinical trial. Academic Emergency Medicine.  2022;29(4):465–75.
  7. Szperka C, de Prado BM, Hsu J, Gelfand A, Haagen D, Kellier D, et al. Randomized Controlled Trial of Lidocaine Occipital  Nerve Blocks to Treat Status Migrainosus in Children/Adolescents (S22.009). Neurology. 2024 Apr 14;102(17_supplement_1):5487.
  8. Kirkpatrick L, Sogawa Y, Cleves C. Acute dystonic reactions in children treated for headache with prochlorperazine or meto-clopramide. Pediatr Neurol. 2020;106:63-64.
  9. Woldeamanuel YW, Rapoport AM, Cowan RP. The place of corticosteroids in migraine attack management: A 65-year  systematic review with pooled analysis and critical appraisal. Cephalalgia. 2015 Oct;35(11):996–1024.

Référentiel médical

Pour consulter la liste complète des données probantes ayant éclairé l’élaboration des Recommandations de base sur migraine, consultez le Référentiel des données probantes ici.

Avis de non-responsabilité

Le but du présent document est de fournir aux professionnels de la santé les faits et recommandations clés la prise en charge de la pneumonie communautaire chez l’enfant au Service de l’urgence. Le réseau TREKK ne sera pas responsable des pertes, demandes d’indemnisation, dettes, coûts ou obligations liés à l’utilisation du présent document, y compris des pertes ou dommages découlant des réclamations d’une tierce partie. CE DOCUMENT EST SUJET À L’AVIS COMPLET DE NON-RESPONSABILITÉ: trekk.ca/fr/terms-of-use